Orthographe : pourquoi continuer à faire monter vos salariés en compétence à l’heure de l’IA
Correcteurs automatiques, Copilot, ChatGPT : les outils d’écriture assistée se sont installés dans les entreprises. Selon le baromètre Phygital Workplace 2026 réalisé par l’Ifop pour Julhiet Sterwen, 62 % des salariés de grandes entreprises déclarent utiliser l’intelligence artificielle, contre 38 % en 2024. Pour un dirigeant, la tentation est forte de considérer que l’orthographe est devenue un sujet réglé, que l’outil corrigera à la place des équipes. C’est un pari risqué.
L’écrit n’a jamais autant compté dans la relation client
Mails, devis, réponses sur un chat, messages sur Teams ou Slack, comptes rendus partagés avec un client : l’essentiel des échanges professionnels passe aujourd’hui par l’écrit. Et une bonne partie de ces écrits part dans l’instant, sans relecture.
Les employeurs en mesurent déjà l’impact. Dans une enquête Ipsos menée auprès de 2 500 recruteurs et décideurs, 76 % déclarent être confrontés au quotidien à des lacunes en orthographe et en expression dans leurs équipes, et 91 % estiment qu’une mauvaise expression écrite ou orale nuit à la relation client. Une faute dans un devis ou une réponse commerciale n’est jamais neutre : elle renvoie une image de précipitation qui rejaillit sur toute l’entreprise.
Les angles morts de l’écriture assistée
L’IA est efficace pour peaufiner une proposition commerciale ou un document long. Mais une grande partie de ce qu’écrivent vos équipes lui échappe : le devis envoyé depuis un téléphone entre deux rendez-vous, la réponse à un avis client, le message au client sur WhatsApp, le compte rendu tapé en direct pendant la réunion. Autant d’écrits rapides, souvent lus par l’extérieur, que personne ne fait relire.
S’y ajoute la question de la confidentialité. De plus en plus d’entreprises se dotent d’une charte d’usage de l’IA qui interdit d’y copier des données clients, des contrats ou des informations internes. Dans ces cas-là, le salarié écrit seul. Enfin, les outils maîtrisent mal les noms de produits, le jargon d’un secteur ou le vocabulaire technique d’un métier, qu’ils vont parfois jusqu’à « corriger » à tort.
Un coût caché pour les managers
Quand l’orthographe d’une équipe est fragile, ce sont souvent les managers qui compensent : relecture des mails sensibles, correction des comptes rendus, reprise des devis avant envoi. Un temps rarement mesuré, mais bien réel. Côté salariés, le sujet reste tabou : dans une étude Madeinvote pour Certification Le Robert, 47 % des actifs déclaraient avoir peur de faire des fautes en rédigeant un mail ou un courrier professionnel. Une appréhension qui ralentit l’écriture et pousse certains à éviter les échanges écrits avec les clients.
Quatre étapes pour faire progresser une équipe
- Mesurer le niveau de départ avec un test de positionnement individuel et confidentiel, pour savoir où concentrer l’effort sans pointer personne du doigt.
- Privilégier un entraînement court et régulier : quelques minutes par semaine, intégrées au quotidien, plutôt qu’une journée de formation vite oubliée.
- Adapter le contenu au métier : un commercial, une assistante juridique ou un comptable n’utilisent pas le même vocabulaire, et c’est sur ce vocabulaire qu’ils font leurs fautes.
- Suivre la progression collective plutôt que des résultats individuels, pour garder un cadre bienveillant.
Des outils en ligne comme DictéePro permettent de mettre en place ce type de dispositif, avec des dictées construites sur le vocabulaire de chaque métier et une révision espacée des mots mal orthographiés. Proposé à toute une équipe, l’entraînement s’intègre au plan de développement des compétences au même titre que la bureautique ou les langues.
En résumé
L’IA a changé la façon d’écrire au travail, mais elle n’a pas supprimé le besoin de savoir écrire. Elle l’a déplacé vers les échanges rapides, les données sensibles et le vocabulaire métier, là où aucun outil ne relit à la place des équipes. Continuer à faire monter ses salariés en compétence sur l’orthographe, c’est protéger l’image de l’entreprise dans chacun de ces moments.

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