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Comment évaluer la valeur d’une entreprise

Le janvier 25, 2021 - 9 minutes de lecture
calcul valorisation

Impossible de parler d’introduction en bourse, de levée de fonds propres ou encore de cession d’entreprise, sans faire mention du terme « valorisation ». En réalité, nombreux sont ces chefs d’entreprise qui se posent la question de savoir la valeur exacte de leur entreprise. Comment évaluer une entreprise ? Quelles sont les différentes méthodes d’évaluations de la valeur d’une entreprise ? Voilà ce sur quoi portera cet article.

La valorisation d’entreprise, qu’est ce c’est ?

Pour rappel, est dite entreprise toute unité institutionnelle ayant pour but la production de biens et services à destination du marché. Si vous êtes chef d’entreprise, vous vous êtes sûrement posé la question : « combien vaut mon entreprise ? ». C’est à cette question qu’essaie de répondre la valorisation. Valoriser l’entreprise revient donc à estimer sa valeur sur le marché. À noter qu’une estimation parfaite est celle qui tient compte des données historiques, mais aussi des perspectives financières de cette dernière. Pourquoi ? Le fait en est que même s’il était très important dans le passé, le chiffre d’affaires d’une entreprise peut baisser considérablement dans le futur. La valorisation d’une entreprise avec des données futures permet donc de prendre en considération le risque d’une éventuelle dégradation de l’entreprise.

Par ailleurs, les données utilisées dans l’évaluation d’une entreprise comportent des hypothèses très souvent non vérifiées. De plus, la valeur d’une entreprise équivaut rarement au prix de vente de cette dernière qui, lui, est généralement fixé par le croisement entre la demande et l’offre. Avant de répondre à la question « comment évaluer une entreprise ? », nous allons faire la lumière sur le pourquoi d’une valorisation.

Une valorisation d’entreprise, pourquoi ?

La valorisation d’entreprise s’utilise généralement dans deux différents cadres : 

  • Cadre d’une vente : une évaluation d’entreprise constitue la base même de toute négociation entrant dans le cadre d’une vente. C’est en effet grâce à elle qu’un chef d’entreprise sait ce que vaut réellement son entreprise
  • Cadre d’une levée de fonds : tout investisseur entrant au capital se doit de connaître la valeur exacte de l’entreprise avant d’y investir. À noter que ce dernier vise la réalisation d’une plus-value sur son investissement en faisant l’achat d’une partie des titres de cette dernière. Il doit de fait estimer le prix des parts sociales qu’il souhaite acheter ce qui lui permettra de savoir si une plus-value est oui ou non réalisable.

D’autre part, en évaluant votre entreprise, vous pouvez aussi déterminer le cours d’introduction en Bourse. En effet, l’introduction d’une entreprise sur un marché boursier nécessite une parfaite connaissance de la valeur des titres que vous mettrez sur ce type de marché.

Comment faire ?

Plusieurs méthodes comptables et financières permettent de répondre à cette question : la méthode patrimoniale, la méthode DCF et la méthode comparative. Notons que chacune de ces méthodes reposent sur différentes hypothèses et se doivent d’être utilisées dans un contexte bien spécifique. Par ailleurs, il convient de savoir que d’autres paramètres entrent aussi dans la détermination de la valeur d’une entreprise : urgence de la transaction, qualité de la négociation.

1. Utiliserla méthode patrimonial ANC et ANCC

La méthode patrimoniale est la méthode la plus rapide et la plus simple à réaliser. Elle consiste en effet à déterminer la valeur d’une entreprise sur la base de son passé, c’est-à-dire sur le patrimoine qu’elle possède moins ses dettes. Elle se base généralement sur les comptes annuels des trois années précédentes. La valeur de l’entreprise dans ce cas équivaut à la différence entre l’actif du bilan (hors actif fictif) et les dettes réelles de cette dernière. Le résultat obtenu constitue l’ANC ou Actif Net Comptable.

L’ANC présente toutefois des limites, car prenant en compte la valeur historique des postes composants le bilan de l’entreprise. Il est toutefois possible de le corriger, et ce, en tenant compte de la fiscalité différée, de la valeur du marché et du reclassement des provisions non justifiées. C’est de cette correction que l’on obtient l’ANCC ou Actif Net comptable Corrigé auquel il vous faut ajouter le GW ou Goodwill de l’entreprise.

Avec la méthode Discounted Cash-Flow (DCF)

La DCF est une méthode qui s’intéresse uniquement à la rentabilité future d’une entreprise. Elle consiste en réalité à déterminer la valeur économique de l’entreprise sur l’unique base des performances futures de celle-ci. En termes plus simples, sur la base des flux qu’elle générera dans le futur via son activité. À noter que dans ce cas, les flux les plus utilisés sont ceux de trésorerie disponible ou Free Cash-Flow.

Concrètement, pour déterminer la valeur d’une entreprise par cette méthode, il convient de suivre les étapes qui suivent : 

  • La mise en place d’un business-plan
  • La détermination des flux de trésorerie prévisionnels (Résultat d’exploitation après impôt + Dotation aux amortissements nets + Investissements nets + Variation du BFR)
  • L’application d’un taux d’actualisation pour l’actualisation des flux de trésorerie : il s’agit très souvent du coût moyen pondéré du capital (CMPC) composé du coût de capital ainsi que du coût de la dette
  • La détermination de la valeur terminale : il s’agit de la valeur estimée en fin d’horizon du business plan. Elle peut se déterminer de via l’actualisation d’un flux nominatif (méthode Gordon & Shapiro)

Après constitution de ces éléments, la valeur de l’entreprise se déterminera en cumulant les flux de trésorerie disponible et la valeur terminale. Notons que cette méthode de calcul intègre les flux de trésorerie nets pour les 3 à 7 années à venir. De plus, elle a l’avantage d’intégrer les risques comme les incertitudes futurs. Cependant elle est bien plus complexe à réaliser en plus d’avoir sa qualité dépendante de la solidité du plan financier prévisionnel de l’entreprise.

risques entreprise

Pensez à la méthode des comparables

C’est une méthode aussi bien utilisée par les investisseurs que par les analystes financiers. Elle consiste à déterminer la valeur financière de l’entreprise par comparaison avec des entreprises ayant des caractéristiques similaires. Pour déterminer la valeur de l’entreprise avec la méthode des comparables, il convient de suivre les étapes suivantes :

  • La sélection d’un échantillon d’entreprises comparables : il s’agit des sociétés présentant les mêmes caractéristiques en termes de secteur d’activité, de taille, de perspectives de croissance, de structure financière
  • Le choix et le calcul des multiples : il s’agit des indicateurs rapportant la valeur de l’entreprise (valeur boursière, valeur des transactions de l’entreprise) avec une grandeur qui symbolise la capacité de cette dernière à générer de la valeur : les ratios s’appuyant sur le résultat net, le Chiffre d’affaire, l’EBIT, l’EBITDA, le PER, l’EBE…
  • Le calcul de la valeur des multiples : ensuite, il suffit de déterminer la moyenne des multiples des entreprises qui composent l’échantillon.

La valeur de l’entreprise se détermine en faisant la multiplication de la moyenne sectorielle par les différentes sources de revenus de l’entreprise à valoriser (référente). Notons que cette méthode est communément utilisée pour les PME et les entreprises d’exploitation classique.

Le Goodwill, qu’est-ce que c’est ?

Le Goodwill équivaut à la différence entre l’actif net du bilan et la valeur de marché d’une entreprise. Il sert en quelque sorte à estimer le réel potentiel d’une affaire au-delà de la valorisation des actifs inclus au bilan. 

La notion de goodwill mesure une éventuelle survaleur ou surperformance (justifiant un écart d’acquisition) de l’entreprise vis-à-vis de celles qui appartiennent au même secteur d’activité et à taille similaire. En d’autres termes, elle met en évidence une survaleur provenant de la différence entre les chiffres purement comptables et le capital immatériel. Notons que l’origine de cet écart peut se trouver dans la valorisation d’un savoir-faire, des compétences clés, de futurs rendements issus d’une stratégie affûtée, d’une clientèle très fidèle, de salariés engagés et motivés…. En bref, des éléments immatériels appartenant à l’actif incorporel et qui ne sont pas facilement identifiables individuellement.

Par ailleurs, bien qu’elle n’appartienne pas au bilan, cette valeur fait partie intrinsèque de la valorisation d’une l’entreprise. Le goodwill est donc une réelle création de valeur (dans le cas où on obtient une valeur attendue inférieure à la valeur patrimoniale on parle de Badwill).

Cependant, l’intangibilité des actifs et leur difficile évaluation financière est très souvent source d’imprécision dans les calculs. Il en résulte nombre de négociations et de discussions entre acquéreurs et vendeurs s’il est question d’une cession d’entreprise.

Valoriser votre entreprise est la meilleure façon d’estimer la valeur de cette dernière. Pour rappel, la connaissance de la valeur d’une entreprise est la base avant toute négociation avec un potentiel repreneur ou de potentiels investisseurs. Cette valorisation permet également de connaître la valeur des titres de l’entreprise s’il est question d’une introduction en bourse.

Maxime

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